Matière eau


Absorption et infiltration

L’interaction des matériaux de construction avec l’eau, dans certains cas bénéfique, peut aussi se révéler destructrice. C’est à juste titre que l’eau est redoutée pour les nombreux désordres qu’elle cause dans le bâtiment. Par quels phénomènes ces pathologies se manifestent-elles ?


Les montées capillaires
Considérons une goutte d’un liquide posée sur un solide. Si leurs énergies de surface sont proches, le liquide tend à s’étaler sur la surface. On dit que la mouillabilitéest importante. C’est le cas de l’eau et du verre. Le verre étant hydrophile, l’énergie de surface de ces deux corps est proche. A l’inverse, si les énergies de surface sont très différentes cela crée un effet perlant : l’angle de mouillage est important. C’est le cas de l’eau sur une surface hydrophobe de basse énergie de surface comme la cire.

Lorsqu’un tube très fin est mis en contact à sa base avec un liquide mouillant le matériau dont il est constitué, il est partiellement envahi par le liquide, qui s’élève jusqu’à une certaine hauteur. Le niveau atteint par le liquide dépend du diamètre du tube : plus ce dernier est fin, plus l’eau monte
haut. En effet, le verre attire l’eau et lui permet de s’élever dans le tube, mais cette force d’attraction vers le haut est équilibrée par le poids de la colonne d’eau. Plus le tube est large, plus le volume d’eau, donc sa masse, est grand par rapport à la surface en contact avec le tube : la remontée capillaire est donc moins importante dans ce cas.

Sensibilité à l'eau des matériaux
La plupart des matériaux de construction, notamment ceux d’origine végétale et minérale, disposent d’un réseau de pores interconnectésdont la surface est relativement hydrophile. L’eau liquide peut donc facilement  y être transportée par capillarité.
Cette eau peut provenir de la condensation de vapeur dans les pores, elle est alors présente en quantité limitée. L’eau peut se trouver en quantité bien plus importante dans les matériaux lorsque ceux-ci sont en contact avec l’eau de pluie. Dans le cas ou l’eau provient du haut du mur, et qu’elle pénètre par gravité, on parlera d’ infiltration. Dans le cas ou l’eau provient d’une accumulation en bas de mur, on parlera de remontées capillaires.
La sensibilité à l’absorption d’eau d’un matériau dépend de sa porosité, mais également de la répartition de tailles de pores. Plus les pores sont fins, plus le risque est important :  l’eau remonte plus lentement, mais aussi plus haut.

 
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